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Panne du contrôle aérien et grève easyJet en Italie : ce que cela change pour votre circuit de la Toussaint

Le premier week-end des vacances de la Toussaint n’était pas encore entamé que le ciel italien se grippait. Le vendredi 16 octobre, une panne du réseau de transmission de données utilisé par le contrôle aérien a divisé par deux la capacité de gestion du trafic au-dessus de la péninsule, le jour même où les hôtesses et stewards d’easyJet Italie faisaient grève. Pour qui a réservé un circuit à Rome, en Toscane, dans les Pouilles ou en Sicile ces prochains jours, l’épisode mérite qu’on s’y arrête : il dit beaucoup sur la manière de bâtir un voyage itinérant qui encaisse un imprévu.

Ce qui s’est passé le 16 octobre #

Selon Air Journal, des anomalies ont été détectées dans la nuit sur le réseau qui relie les installations de l’ENAV, le prestataire italien de la navigation aérienne. Les systèmes de secours ont d’abord permis de tenir un trafic normal, puis l’ENAV a limité les mouvements à partir de 6 heures du matin, avec une capacité réduite d’environ 50 %. L’espace aérien n’a jamais été fermé, mais de nombreux avions sont restés au sol, surtout entre 6 et 8 heures.

Les premières informations parlaient d’une panne radar. L’ENAV a corrigé : ses équipements, radars compris, fonctionnaient, c’est le réseau de données qui faisait défaut. Le site spécialisé Qualitytravel précise que l’ENAV désigne TIM comme gestionnaire de ce réseau, que l’Agence nationale de cybersécurité n’a relevé aucune action hostile et que la capacité est remontée à 75 % vers l’heure du déjeuner, avant un retour à 100 % dans l’après-midi.

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Les chiffres de la journée

D’après les données provisoires de Cirium reprises par Air Journal, 192 départs sur 2 398 programmés depuis l’Italie ont été annulés ou non opérés, soit 8,01 % du programme. Milan-Malpensa (34 sur 298) et Rome-Fiumicino (29 sur 505) ont été les plus touchés, devant Milan-Linate, Bergame et Catane. Seuls 31,33 % des départs observés sont partis avec moins de quinze minutes de retard.

Ces chiffres mêlent deux causes, et Qualitytravel le souligne : toutes les annulations ne viennent pas de la panne, puisqu’une grève de 24 heures du personnel navigant d’easyJet, lancée par le syndicat USB Lavoro Privato, courait de minuit à 23 h 59. Même après le retour à la normale du réseau, les retards ont continué en fin de journée : avions et équipages n’étaient plus là où ils devaient être.

Pourquoi un circuit est plus exposé qu’un séjour #

Un séjour en hôtel-club pardonne un vol décalé de quelques heures : on arrive plus tard, on profite un peu moins de la piscine. Un circuit, lui, est une chaîne. Le premier soir est souvent réservé dans une ville, le guide attend le groupe le lendemain à 8 heures, le minibus part vers la deuxième étape à heure fixe. Un vol arrivé au milieu de la nuit, ou pas du tout, et c’est la première nuit perdue, parfois la première visite guidée.

Les itinéraires italiens accentuent cette fragilité. Beaucoup de circuits « Italie du Sud » ou « Sicile » combinent un vol aller vers Naples, Bari ou Catane et un retour depuis Palerme ou Rome. Deux aéroports, deux occasions d’être pris dans un aléa comme celui du 16 octobre.

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Vos droits si votre vol est annulé #

Le règlement européen sur les droits des passagers aériens s’applique aux vols au départ de l’Union, donc à tous les vols au départ de l’Italie et de la France. Le portail officiel Your Europe résume l’essentiel : en cas d’annulation, le voyageur a le choix entre un remboursement, un réacheminement ou un vol retour, et il a droit à une assistance à l’aéroport (rafraîchissements, repas, et hébergement si le réacheminement est prévu le lendemain).

L’indemnisation forfaitaire, elle, dépend de la cause. Your Europe indique qu’elle n’est pas due en cas de circonstances extraordinaires, parmi lesquelles figurent les décisions relatives à la gestion du trafic aérien : une restriction imposée par le contrôle aérien entre dans ce cadre. À l’inverse, une grève interne au personnel de la compagnie n’est pas considérée comme une circonstance extraordinaire. C’est la compagnie qui doit prouver le lien entre l’annulation et l’événement invoqué. Le 16 octobre, la frontière entre les deux causes passait donc parfois au milieu d’un même aéroport : mieux vaut conserver la notification d’annulation et le motif donné.

Circuit en package ou vols achetés à part

Si le circuit a été acheté en forfait auprès d’un voyagiste ou d’une agence, c’est à l’organisateur de trouver une solution pour les prestations manquées (nuit d’hôtel, journée de visite). Si les vols ont été réservés séparément, le passager traite avec la compagnie pour le vol, et le réceptif ou l’hôtel ne lui doivent rien pour la nuit non consommée. C’est l’un des arguments les plus concrets en faveur du forfait pour un circuit.

Construire un circuit en Italie qui résiste aux aléas #

Quelques réflexes limitent la casse. Prévoir une première nuit dans la ville d’arrivée, sans transfert le soir même vers une autre étape, donne une marge de plusieurs heures. Garder la visite la plus importante du séjour, celle qu’on ne voudrait rater pour rien au monde, au milieu du circuit plutôt qu’au premier jour, évite de la sacrifier à un retard. Et pour le retour, éviter de caler le vol le jour même d’une étape longue en voiture ou en minibus.

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Le train reste une bonne roue de secours en Italie : les liaisons à grande vitesse entre Rome, Florence, Bologne, Milan et Naples permettent de rejoindre une étape même quand un vol intérieur saute. Pour les îles, la question se pose autrement, et c’est là que le choix d’un circuit encadré, avec un correspondant local capable de réorganiser l’itinéraire, prend tout son sens.

Et maintenant ? #

Le trafic a retrouvé sa pleine capacité dans l’après-midi du 16 octobre, et aucune nouvelle panne n’était signalée au moment où nous écrivons. Plusieurs voix se sont toutefois élevées en Italie : le ministre des Transports, Matteo Salvini, a évoqué la possibilité de demander à TIM de répondre des dommages causés aux voyageurs, et l’association de consommateurs Codacons a annoncé un signalement au parquet de Rome, selon Qualitytravel. Avant de partir pendant ces vacances, le bon réflexe reste celui que rappelle l’aviation civile italienne : vérifier l’état de son vol directement auprès de la compagnie avant de prendre la route de l’aéroport.

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