Road Trip en Islande : À la découverte du Cercle d’Or et de ses Merveilles Cachées #
Le Cercle d’Or : Trois sites majeurs et un itinéraire mythique #
L’itinéraire du Cercle d’Or, reliant Reykjavík à ses trois sites symboliques sur une boucle d’environ 250 km, concentre des millénaires d’histoire et des phénomènes géologiques spectaculaires.
- Parc national de Thingvellir : Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce site abrite l’ancien parlement appelé Alþingi fondé en 930 et la faille de Silfra, séparant les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine. La balade recommandée part du point de vue Hakid et longe des fissures géologiques uniques, Öxarárfoss (cascade), jusqu’au Lögberg (Rocher de la Loi), cœur du pouvoir islandais originel. Compter 1 à 2 heures pour profiter des lieux, voire plus l’été quand la lumière s’éternise.
- Zone géothermale de Geysir : Au pied du Langjökull, des solfatares et mares bouillonnantes préparent l’explosion du Strokkur (colonne d’eau projetée toutes les 7 à 10 minutes à près de 20 mètres). Ce secteur abrite le grand geyser originel qui a donné son nom au phénomène. En hiver, la vapeur ajoute une atmosphère quasi magique.
- Chutes de Gullfoss (cascade dorée) : Deux sauts puissants, dont le plus haut atteint 21 mètres, plongent dans un canyon basaltique, créant un brouillard quasi-permanent. Gullfoss impressionne toute l’année, mais la fonte printanière ou les lumières rasantes du soleil de minuit révèlent leur intensité. Il faut prévoir entre 45 minutes et 1h30 selon la saison et les conditions météorologiques.
En haute saison (juin à août), l’itinéraire peut se parcourir en une journée, mais s’accorder au moins 48 heures, voire s’arrêter dans les villages comme Laugarvatn ou Selfoss, permet d’éviter la densité touristique et de saisir la diversité des lumières et des ambiances. Notons qu’en décembre 2023, le site de Thingvellir a attiré près de 480 000 visiteurs, ce qui en fait un endroit à privilégier tôt ou tard dans la journée.
Bien planifier son exploration : hébergements et conseils pratiques sur la route #
L’arrière-pays du Cercle d’Or s’est doté d’une vaste gamme d’hébergements, les plus authentiques étant répartis autour de Laugarvatn, Selfoss et le long de la route 35. Plusieurs solutions s’offrent aux voyageurs, selon la saison, le niveau de confort recherché ou la flexibilité du trajet :
- Hôtels et auberges familiales : Hotel Geysir (rénové en 2022) propose 77 chambres contemporaines à 200 mètres du site géothermique ; Ion Adventure Hotel, à Nesjavellir, offre une architecture audacieuse et des vues spectaculaires sur les champs de lave.
- Gîtes ruraux et fermes d’hôtes : Les guesthouses comme Heradsskolinn (hébergement au charme rétro, ouvert toute l’année au bord du lac Laugarvatn, ancien internat des années 1920), ou la Ferme Efstidalur II (productrice de glace artisanale) renforcent le contact avec la culture agricole locale.
- Campings et hébergements atypiques : Le Camping de Thingvellir fonctionne du 1er juin au 30 septembre. Plusieurs agritourismes proposent des cabanes en bois et des bulles transparentes pour observer les aurores boréales.
Il reste indispensable de réserver entre juin et août, où le taux d’occupation atteint souvent 95% sur la zone. Hors saison, quelques structures ferment, mais il est alors possible de profiter d’offres avantageuses ou du calme absolu. Les voyageurs motorisés optent pour la flexibilité du camping-car ou du van aménagé (Entreprises spécialisées : Campervan Reykjavik, Sadcars), ce qui permet d’adapter facilement les étapes selon la météo ou les imprévus.
Activités insolites à vivre autour du Cercle d’Or #
Sortir de la logique « top 3 touristique » du Cercle d’Or, c’est explorer une palette d’aventures réservées aux curieux. La faille de Silfra, au cœur de Thingvellir, attire chaque année 12 000 plongeurs en snorkeling, avec des sociétés accréditées telles que DIVE.IS ou Scuba Iceland. Le phénomène : une transparence exceptionnelle (jusqu’à 100 mètres) dans une eau à 2–4 °C, alimentée par le glacier Langjökull.
- Secret Lagoon (Gamla Laugin) : Bassin d’eau chaude à Flúðir, historiquement premier « lagon » ouvert en 1891, moins fréquenté que le Blue Lagoon. Il accueille 230 000 visiteurs annuels en 2023 et reste ouvert toute l’année.
- Laugarvatn Fontana : Ensemble thermal moderne, spécialiste des bains de vapeur volcanique et de la cuisson de pain de seigle géothermique, apprécié pour ses vues sur le lac – réservé aux amateurs de calme.
- Randonnée équestre : Plusieurs fermes–écuries, à commencer par Solhestar ou Ishestar, proposent des excursions de quelques heures à la journée pour découvrir les plateaux volcaniques sur le dos d’un cheval islandais, emblème de rusticité et de robustesse.
- Randonnées sauvages et hors piste : L’accès au cratère de Kerið (un volcan effondré aux eaux turquoise) et la cascade Brúarárfoss (secrètement surnommée « Blue Waterfall ») offrent des alternatives spectaculaires aux balades balisées.
Bien choisir ses activités selon la saison : en été, le soleil de minuit invite à explorer longtemps ; l’hiver offre des moments privilégiés dans les bains chauds sous la neige ou la chasse aux aurores boréales. En juin 2024, la fréquentation de Laugarvatn Fontana a progressé de 28% du fait de sa popularité auprès du tourisme durable.
Itinéraires alternatifs : prolonger l’aventure au-delà du Cercle d’Or #
Pour ceux qui souhaitent dépasser la mythique boucle, il existe différentes options vers le Sud, l’intérieur des terres ou la péninsule de Snæfellsnes, sans devoir repasser par la capitale. L’extension la plus classique relie les cascades de Seljalandsfoss et Skógafoss en tirant vers le village de Vík í Mýrdal – porte d’accès aux plages de Reynisfjara et leurs fameuses colonnes basaltiques.
- Sébastien Roy, guide local, recommande les routes 35 puis 1 pour rejoindre le glacier Sólheimajökull et le massif du Mýrdalsjökull (accès été uniquement pour certains tronçons non goudronnés).
- Accès à la péninsule de Snæfellsnes en bifurquant vers le nord-ouest via Borgarnes : paysages contrastés entre volcans, champs de lave, villages de pêche (Stykkishólmur), Snæfellsjökull (point culminant à 1446 mètres), et plages désertes.
- Exploration vers l’intérieur, par la route des Hautes Terres (F35 Kjölur) : accès réservé aux 4×4 entre fin juin et début septembre (informations en temps réel auprès de Vegagerðin, l’Administration islandaise des routes).
Plusieurs circuits s’organisent autour de stops techniques et de haltes gastronomiques, comme la ferme Fromagerie Erpsstaðir, ou le restaurant Friðheimar à Reykholt (cultures de tomates en serre géothermique et dégustations de soupes). L’intérêt de sortir du Cercle d’Or réside dans la progression vers des zones moins fréquentées, où la spontanéité devient la première richesse. En 2023, 39% des visiteurs prolongent leur séjour au sud après le Cercle d’Or pour atteindre le fameux glacier du Vatnajökull.
Adopter le bon rythme : saison, météo et durée optimale d’un road trip #
Réguler sa traversée exige de considérer les contraintes spécifiques de l’Islande : amplitudes thermiques, variation des heures de clarté et imprévisibilité des éléments. De mi-mai à fin juillet, le soleil de minuit permet des explorations continues, alors qu’entre novembre et mars l’obscurité domine – l’idéal pour l’observation des aurores boréales.
- Routes : La plupart des routes du Cercle d’Or sont praticables toute l’année, seule la F35 Kjölur est fermée dès la première neige. Les garages de Selfoss et Reykjavík assurent l’assistance toute la semaine.
- Météo : En février 2024, le secteur de Gullfoss a subi des vents violents supérieurs à 80 km/h; il convient de vérifier systématiquement les alertes et d’adapter l’itinéraire en temps réel.
- Durée idéale : Un circuit minimaliste peut s’effectuer en une journée l’été. Pour profiter au mieux des lumières, photographier sans précipitation et intégrer des excursions, consacrer deux à trois jours à la région est recommandé.
La consultation des sites Veðurstofa Íslands (service météo national) et Safe Travel Iceland reste cruciale avant chaque déplacement. Le choix entre l’itinérance lente (en camping-car, randonnée, vélos électriques) et la rapidité d’une boucle express dépend entièrement de votre appétence pour l’aventure et la flexibilité face au climat nordique. En mai 2025, la fréquentation de la région a progressé de 24% grâce à la promotion d’itinérances douces.
Préparer son véhicule et réussir l’autonomie islandaise #
S’équiper du bon véhicule reste une condition indispensable au succès du road trip. Sur la route 1 et le long du Cercle d’Or, un SUV classique ou une voiture de tourisme (Volvo XC40, Toyota RAV4 Hybrid) suffit la plupart du temps. Pour s’aventurer sur les « F roads » (routes secondaires non goudronnées), la législation impose un 4×4 homologué, disponible dans les flottes de Europcar Islande, Ice Rental Cars ou Saga Car Rental.
- Prévoir un plein d’essence dès Selfoss ou Laugarvatn, le réseau de stations-service N1 et Olís couvrant l’ensemble du sud islandais, mais certains points restent espacés de plus de 60 kilomètres.
- S’équiper d’un GPS actualisé, d’une carte routière papier et du système 112 Iceland (géolocalisation d’urgence).
- Prendre un sac isotherme, un réchaud de poche et des vêtements multi-couches, le climat pouvant varier de 10°C à -10°C sur une même journée printanière ou automnale.
- Respecter l’environnement fragile : rester impérativement sur les pistes, ramasser ses déchets, bannir le hors-piste motorisé et privilégier les sanitaires officiels (sous peine d’amendes).
En été 2024, l’administration islandaise a renforcé les contrôles d’accès sur les pistes intérieures pour lutter contre le « tourisme sauvage », appuyée par l’ONG Landvernd et des campagnes de sensibilisation dans les aéroports. Adopter l’autonomie et la responsabilité facilite l’accès à des endroits préservés, tout en limitant le dérangement de la faune, notamment l’oie cendrée (Anser anser).
Ce que le Cercle d’Or révèle de l’âme islandaise #
Loin d’être un simple circuit d’excursions, le Cercle d’Or réunit l’essence de la culture islandaise. Thingvellir incarne d’abord la naissance de la démocratie insulaire, et nourrit un fort sentiment d’appartenance chez les Islandais. Les festivités annuelles encore célébrées autour du Lögberg, ou la référence récurrente au parlement historique dans la presse locale, rappellent l’importance symbolique du site.
- La mythologie islandaise demeure omniprésente : le geyser Strokkur serait, selon la légende rapportée par Guðni Th. Jóhannesson, président de la République d’Islande, l’œuvre d’un troll transformé par la colère volcanique.
- La gastronomie s’inspire du terroir, des soupes d’agneau bio servies à Laugarvatn aux skyrs fermiers proposés dans les boutiques de Selfoss. Manger dans une ancienne étable ou goûter le poisson séché à la sauce houmous (spécialité de Friðheimar) s’apparente à une immersion dans la ruralité contemporaine du pays.
- Les échanges avec les habitants, parfois discrets mais sincères, révèlent la fierté ressentie face à la nature : selon un sondage de Gallup Islande en décembre 2023, 85% des Islandais considèrent le Cercle d’Or comme patrimoine commun, à transmettre aux nouvelles générations par l’éducation environnementale et la poésie.
Chaque halte permet d’entrer dans le récit national, d’appréhender les luttes ancestrales entre l’homme et les éléments, ou d’écouter l’humour particulier des guides de Reykjavík City Walks. Sans s’y tromper : le Cercle d’Or n’est pas un décor figé, mais une porte sur la modernité sans cesse réinventée de l’Islande.